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Silence augmenté

Dernière mise à jour : 30 mars

"Un silence qui en dit long" expose 40 œuvres d’artistes qui se penchent notamment sur les silences sociaux et de l’histoire.


Martine Gutierrez


Elodie Weber & Lola Jungle "Une gentille fifille (Violette Nozière)", 2022. Détail. Broderie sur tissu, peinture


À travers une large palette d’expressions, les réalisations remettent en question les normes sociales et les dynamiques de pouvoir qui sous-tendent nos action. Jessy Razafimandimby marque par son étude des motifs décoratifs menant à une critique du système bourgeois de goût et de convention sociale à travers des compositions baroques. Ses créations évoquent des hallucinations tant dystopiques qu'utopiques, en fusionnant des formes organiques avec des figures chimériques.


Métamorphoses


L’artiste transdisciplinaire et performeuse Martine Gutierrez questionne la multiplicité de l'identité féminine. Partant souvent d’autoportraits, elle photographie des scènes narratives sous influence latino pop. L'artiste transgenre trentenaire a toujours est une spécialiste du contrôle de l’image, qu’elle représente des divinités telle Cléopâtre avec une coiffe en sac poubelle et une nudité de pub pour parfum.


Elle critique aussi le passé colonial au Guatemala, son pays d’origine, et ses représentations de la femme dite «indigène». Modèle, costumière, décoratrice, maquilleuse et photographe. La femme d'images questionne le genre, l'ethnicité et la manière dont l'identité est bâtie culturellement, personnellement et collectivement.


Avec l’archétype ethno de l’artiste surmontée d’une chevelure façon corail noir supportant des bijoux, elle met en question les expressions conventionnelles du genre et de la beauté. Ses autoportraits anti-iconiques s’inscrivent dans le sillage de la photographe pionnière de l'incarnation critique des stéréotypes féminins, Cindy Sherman.


Broderie féministe


Elodie Weber explore les histoires et les idées à travers la broderie contemporaine. Ses créations sont des toiles pour ses récits fantasmés ou réels, teintées, peintes et brodées. En collaboration avec Lola Jungle, l’artiste intègre poésie sonore, musique et danse dans ses œuvres, offrant ainsi une expérience sensorielle multidimensionnelle.


Au fil de la série Je suis la menteuse, se délie le portrait de sept femmes meurtrières sur fond de mouches «se nourrissant de la nourriture en putréfaction si grouillante de vie», selon Weber. Elle ajoute: «Ce sont souvent des femmes qui n’ont pu s’exprimer et s’affirmer sur les problématiques qui les taraudaient. D’où leur frustration.». Prenez la composition tramée de motifs de tapisserie jaunie, autour de Violette Nozière intitulée Une gentille fifille.


L’artiste en a réalisé des portraits brodés d’après photos lors de son arrestation à 18 ans pour parricide, seule sa mère ayant survécu. On est proche dans ce collage-montage du pop art. Ceci par la silhouette de ménagère modèle versant le soménal, un somnifère destiné à assassiner les parents de Nozière pour des motifs apparemment pécuniers. Rehaussée de jets de peinture, la broderie se fait alors un moyen d’expression d’une violence systémique à l’égard des femmes.


Mythes classiques et street art


Quant à lui, Giuliano Macca fusionne les influences du street art avec les traditions de maîtres anciens. Son travail, riche en références historiques et artistiques, remet en question les frontières entre l'art contemporain et l'héritage culturel. S’inspirant de la mythologie, son œuvre Selene and Endymion, réalisée au stylo Bic et à l'aquarelle sur papier, est divisée en 25 parties.


 La composition favorise ainsi la fragmentation et la dispersion des amants. En explorant une large palette gamme de médiums et de thématiques, les artistes exposés invitent avec bonheur à méditer notamment sur la complexité de nos actions et de nos identités dans un monde en constante évolution.


Bertrand Tappolet

Un silence qui en dit long. Jusqu’au 6 avril.








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